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DEUX CANDIDATS S’UNISSENT POUR COMBATTRE LA CRISE DU LOGEMENT

7 octobre 2021

Henri Ouletlette-Vézina 

La Presse

 

Deux candidats à la mairie de Laval et de Longueuil s’uniront ce mercredi pour promettre la tenue d’un vaste « sommet sur l’habitation » qui se tiendrait dans la première année de leur mandat, a appris La Presse. Ils comptent proposer plusieurs solutions à la crise du logement, dont le recours à des fiducies d’utilité sociale.

« On a décidé de s’allier parce qu’on est des candidats de la nouvelle génération et que donc, on a dans nos entourages plusieurs proches qui vivent des difficultés liées au logement. Disons qu’on est vraiment à même de bien comprendre ces difficultés-là », affirme la cheffe de Coalition Longueuil, Catherine Fournier.

Elle sera ce mercredi aux côtés de Stéphane Boyer, le nouveau chef du Mouvement lavallois, parti du maire sortant de Laval, Marc Demers.

« On est rendus à un point critique. Et il n’y a pas une ville qui peut régler à elle seule l’enjeu de l’abordabilité du logement. »

— Stéphane Boyer, chef du Mouvement lavallois

Les deux candidats, âgés de 29 et 33 ans, s’entendent sur le fait que la question de l’habitation sera « centrale » pour les électeurs lors des prochaines élections, et ce, dans la majorité des grandes villes du Québec.

« C’est pour ça qu’on veut vraiment réunir l’ensemble des paliers : le municipal, le provincial et le fédéral. En s’unissant tous les deux, on pense qu’on peut avoir l’impulsion nécessaire pour convier tout le monde autour d’une table », dit Mme Fournier, qui promet de convier aussi les associations de logement, le milieu syndical et les entreprises d’économie sociale.

ZOOM SUR LES FIDUCIES D’UTILITÉ SOCIALE

Une série de « propositions concrètes » seront faites ce mercredi, en guise de préambule au sommet que veulent tenir les deux aspirants à la mairie, dans le but de s’attaquer à la crise du logement locatif et à la surchauffe du marché immobilier.

En outre, le duo soulignera notamment la nécessité de mettre de l’avant les fiducies d’utilité sociale, un outil « 100 % québécois » qui permet de faire un « développement différent » du marché, à la manière de coopératives de propriétaires qui se soutiennent les uns les autres. « En Estrie, par exemple, on a déjà des exemples de ce modèle », fait valoir Catherine Fournier, en faisant référence à la Coopérative d’habitation Havre des Pins, située dans un quartier du nord de Sherbrooke, la première de son genre.

Au Québec, jusqu’ici, la plupart, sinon la quasi-totalité, des coopératives fonctionnent sur une base de location. Le modèle de fiducie, lui, permet d’accéder à la propriété tout en conservant l’abordabilité du logement, soutiennent les deux candidats.

L’été dernier, l’organisme Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS) a publié un guide sur les fiducies d’utilité sociale. On y lit que celles-ci font « figure d’exception dans le droit de propriété », puisqu’elles sont consacrées « à une vocation dont le bénéfice est collectif », au lieu d’être détenues par une personne morale.

Comme il s’agit d’une entité composée de plusieurs personnes qui possède le logement, cela en fait un « véhicule très prometteur » pour le logement social, selon l’organisme, pour qui la fiducie se veut par ailleurs plus inclusive que la coopérative, dont les conseils d’administration sont la plupart du temps réservés aux membres.

« On veut pouvoir inspirer les gens, parce qu’on croit qu’il y a place à l’innovation en matière de logement. La fiducie, pour nous, c’est une manière parmi d’autres d’être innovant », affirme Stéphane Boyer à ce sujet.

Début septembre, un sondage de la firme Mainstreet donnait 44,5 % des intentions de vote à Catherine Fournier à Longueuil, où plus de 32 % des électeurs demeurent toutefois indécis. Ses adversaires, Josée Latendresse, Jacques Létourneau et Jean-Marc Léveillé, récoltaient pour leur part moins de 10 %. À Laval, le « dauphin » de Marc Demers, Stéphane Boyer, n’a pas encore d’idée de son score, puisqu’aucun sondage n’a encore été commandé, mais l’appui du maire sortant pourrait lui conférer une longueur d’avance.

Au moins un autre candidat, le chef d’Action Longueuil et ancien président de la CSN Jacques Létourneau, compte lui aussi tenir un Sommet sur l’habitation pour « asseoir les associations de locataires » de la région. Catherine Fournier, toutefois, rétorque que son projet est « plus vaste », car il veut s’adresser à tout le Québec et non « seulement à Longueuil » ou à une municipalité en particulier.

 

Article original:  La Presse

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