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Une épicerie coopérative « zéro déchet » à l’écoute de ses membres

10 juillet 2018

Portrait de la coopérative de solidarité l’épicerie Le Haricot Magique, une première épicerie vrac, bio, zéro déchet dans le quartier Saint-Roch.

 

 

Pourquoi, le vrac ?

L’objectif est que le client se présente avec ses sacs et ses contenants récupérés. Il pèse chacun des pots en entrant, puis il fait son épicerie : alimentation bio en vrac, fruits et légumes, produits ménagers… À la sortie, on pèse une nouvelle fois pour facturer le contenu. Des contenants sont aussi offerts sur place. L’idée est de pouvoir acheter la quantité désirée sans produire des déchets avec les emballages.

Geneviève, membre travailleuse auxiliaire, concocte chaque jour des plats préparés variés végétariens et végétaliens pour les plus pressés qui souhaitent manger sur le pouce ou s’installer à l’une des tables disponibles dans l’épicerie.

La mission de la coopérative s’affiche comme telle : Promouvoir, conscientiser et encourager à des habitudes de vie saines et écoresponsables pour réduire les déchets, le gaspillage et la pollution.

Votre magazine Les Coopsa rencontré Myriam Lachance et Marc Hébert, deux membres fondateurs qui exploitent l’épicerie avec passion.

Comment l’idée de l’épicerie, dans une structure coopérative, vous est-elle venue ?

Myriam Lachance et Marc Hébert

Myriam : L’idée est vite apparue quand on a visité une épicerie « zéro déchet » à Baie-St-Paul, Chez Bocaux. On s’est dit que ce serait l’fund’avoir ça à Québec. On s’est lancés dans le projet en passant par toutes les étapes, de l’étude de marché à la faisabilité et au plan d’affaires, etc.

Marc : Myriam et moi, on avait besoin de changement sur le plan professionnel. L’épicerie est devenue un prétexte pour rejoindre les valeurs qu’on voulait vivre dans notre milieu de travail : l’environnement nous préoccupait, l’alimentation et le côté coopération. On recherchait aussi un milieu de travail plus démocratique, une façon d’utiliser la force et l’intelligence collectives.

Myriam : On n’était pas dans un environnement d’économie sociale avant. Où je travaillais, les gens étaient considérés comme des individus faisant fonctionner la machine, et je ne voulais plus ça. Je voulais d’un milieu où les gens ont leur mot à dire et sont traités d’égal à égal. Du « par et pour ».

Marc : Je vivais dans un milieu de travail comme celui où Myriam se trouvait, même si je me suis impliqué dans des projets communautaires, comme le projet d’habitation formule co-habitat, à Limoilou (NDLR : projet qui n’a pas abouti).

 

Qu’est-ce qui vous motive dans ce secteur d’économie particulièrement ? Pourquoi avoir choisi ce modèle ?

Les cuisines du Haricot magique

NDLR : La coopérative de solidarité a deux types de membres : les membres travailleurs et les membres consommateurs (ils sont désormais plus de 900).

Myriam : Les membres apportent une fidélité de la clientèle. Ils croient au projet, veulent le soutenir et ça fait qu’on est plus proches de la clientèle. Si les clients sont membres, ils sont davantage portés à faire valoir leurs recommandations.

Marc : Dès le démarrage, des personnes sont venues nous aider et certaines sont devenues membres fondateurs. L’une d’entre elles s’est vite occupée des communications, par exemple.

Dans les principes coopératifs, on parle notamment d’éducation/formation, d’intercoopération ou d’engagement envers la communauté. Quels sont les prochains développements en ce sens pour la coopérative ?

Myriam : On a déjà des partenariats. Nous sommes notamment le point de chute pour la boutique de produits bio Ecoboutik. On fait affaire avec Nettoyants Lemieux (boutique de produits ménagers bio en vrac), avec la boulangerie La boîte à pain, etc. C’est l’aspect social de communauté de quartier qu’on met de l’avant, pour le moment, avec les entreprises d’ici.

On a aussi parlé à la Table de quartier L’Engrenage, et on va participer au grand ménage de Saint-Roch avec tous les organismes. On contribue par ailleurs au frigo communautaire du parvis Saint-Roch.

Pour en savoir plus, visitez la page Facebook de l’épicerie Le Haricot Magique – coop de solidarité.

Par Romain Thibaud, conseiller à la vie associative et formation FECHAQC

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